
PARIS (France) – 24/10/2008 – 3B Conseils – Le 18 octobre, des vétérans des essais nucléaires ont été reçus à l’Assemblée nationale pour faire apporter leurs témoignages. Cette "assemblée témoignage" était organisée par le Comité de soutien Vérité et Justice. Une proposition de loi, "pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires et la juste indemnisation des victimes ", soutenue par des élus de tous bords devrait être prochainement discutée par les parlementaires. Le texte reconnaît les maladies radio-induites par les essais nucléaires effectués au Sahara et en Polynésie et prévoit des indemnisations. Selon France 3 « le secret défense est systématiquement opposé aux membres de l’AVEN (association des vétérans des essais nucléaires, plus de 3 000 membres) et aux scientifiques qui travaillent sur le dossier. Le projet de loi soutenu par des parlementaires de droite comme de gauche veut que la France enfin arrête de nier l’évidence ».
Le 24 juin, les 57 élus de l’Assemblée de Polynésie avaient voté à l’unanimité une demande au Président de la République pour l’ouverture des archives des essais nucléaires que le Parlement national vient de classer dans les archives « incommunicables ». La catégorie d'archives « incommunicables » a été créée par le vote du projet de loi sur les archives, en première lecture, mardi 29 avril 2008, à l'Assemblée nationale. La réforme, qui adapte la loi du 3 janvier 1979, pose le principe de la « libre communicabilité des archives publiques » : le délai de trente ans actuellement en vigueur est supprimé pour les documents qui ne mettent pas en cause «les secrets protégés par la loi ». Pour les autres documents, les délais d'accès ont été raccourcis : les documents relatifs aux délibérations du gouvernement seront communicables au terme de 25 ans (30 ans actuellement) ; ceux concernant les secrets de la défense nationale, la conduite de la politique extérieure....relèveront d'un délai de 50 ans (contre 60 ans jusqu’à présent), etc. Dans le cadre de la catégorie des archives « incommunicables », les documents relatifs aux armes de destruction massive ne pourront jamais être divulgués.
Du 19 au 23 juillet le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, a effectué un déplacement officiel, en Polynésie française. Il a annoncé le 21 juillet, avoir mis en relation l’association Moruroa e Tatou présidée par Roland Oldham, qui regroupe les anciens travailleurs des sites nucléaires français de Mururoa et Fangataufa, avec « trois experts indépendants autorisés à avoir accès aux archives relatives aux essais nucléaires ». Ces experts sont le professeur Guillaumont, physicien, professeur d'université, le professeur Aurengo, spécialiste de médecine nucléaire, et le docteur Masse, ancien responsable de l'Office de protection des rayons ionisants. Ils devraient permettre à l’association d’obtenir « toute information susceptible d’apporter des éléments sur les conséquences des essais nucléaires sur l’environnement et la santé de la population », a souligné Monsieur Yves Jégo dans un communiqué.
Pour en savoir plus : Yannick Barthe, chercheur au centre de sociologie de d'innovation à l'Ecoles des mines de Paris et qui effectue depuis 2 ans des recherches sur cette question ICI. Yannick Barthe est intervenu lors des entretiens Science et Ethique en 1998 : ICI
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : France 3 / DICOD / Tahiti Press / 3B Conseils
vendredi 24 octobre 2008
Les vétérans des essais nucléaires à l'Assemblée nationale
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jeudi 23 octobre 2008
Carte militaire : rachat des sites de la Défense pour 1 euro

PARIS (France) – 23/10/2008 – 3B Conseils – Le Conseil des ministres du 13 octobre a annoncé que les sites militaires libérés par les restructurations de la carte militaire pourront être racheté pour un euro symbolique par les communes. En effet, selon le compte-rendu du Conseil "l'Etat accordera aux communes bénéficiant d'un contrat de redynamisation de site de Défense, qui en feront la demande, le transfert des actifs immobiliers qu'il libérera".
Il s'agit ainsi de permettre "aux collectivités de mener rapidement des projets d'aménagement, de développement économique ou de logement". Le compte-rendu évoque également" un mécanisme innovant de partage du bénéfice du projet, entre l'Etat et les communes" avec une "contrepartie financière" pour l'Etat déterminée "une fois le projet de la commune réalisé" et "en fonction du bénéfice économique qu'elle en retirera". Cette cession entre dans le cadre des restructurations prévues par le projet de loi de programmation militaire 2009-2014.
Comme nous vous l’annoncions le 25 juillet, le gouvernement a annoncé la suppression de 83 sites ou unités militaires pour atteindre l’objectif de réduction de 54.000 emplois civils et militaires d’ici six ou sept ans, selon les préconisations du Livre blanc de la Défense. La nouvelle carte militaire prévoit 33 déménagements de régiments d'une ville à l'autre. L'armée de terre paiera le plus lourd tribut avec 20 régiments et bataillons supprimés. Pour l'armée de l'air, 11 bases vont être fermées. La Marine va elle perdre une base aéronavale (celle de Nîmes-Garons). Parmi les sites les plus importants amenés à disparaître, se trouve la base aérienne 128 de Metz (2.500 personnes et fermeture annoncée après 2011). Dès 2009, le gouvernement prévoit de fermer le 57è régiment d'artillerie de Bitche (Moselle, 1.138 personnes), le 601è régiment de circulation routière d'Arras (Pas-de-Calais, 730 personnes), la base aérienne 101 de Toulouse, le 12è régiment d'artillerie d'Haguenau (664 personnes, Bas-Rhin). Le Premier Ministre a promis "320 millions d'euros de subventions d'investissement" pour soutenir les communes concernées. Le secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire Hubert Falco a annoncé "d'autres dispositifs d'accompagnement, d'une amplitude au moins égale" aux 320 millions promis.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : LCI / 3B Conseils
Photo : Caserne Molitor à Nancy
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mercredi 22 octobre 2008
Recherche et Développement : bombarder vert !

VALCARTIER (Canada) – 22/10/2008 – 3B Conseils – Des scientifiques, de Recherche et Développement pour la Défense Canada de Valcartier (RDDC Valcartier), mettent actuellement au point des projectiles qui réduisent l'impact des militaires sur l'environnement. En effet, lorsque des militaires tirent un obus il y a une possibilité sur 20 que le projectile n'explose pas. Actuellement, le RDX est toxique pour l'environnement et extrêmement mobile dans le sol, en plus d'être cancérigène. Les chercheurs de RIGHTRAC (Revolutionary Insensitive, Green and Healthier Training Technology with Reduced Adverse Contamination) veulent réduire l'impact de ces munitions non détonées sur l'environnement. Le projet RIGHTRAC (2007-2012) propose d'incorporer une deuxième fusée aux projectiles. Celle-ci exploserait après une période définie, si la détonation n'a pas eu lieu, pour en assurer l'autodestruction. «On ne sait jamais dans quel état d'instabilité se trouve une munition non explosée, explique Yves Bélanger, spécialiste de l'industrie militaire et professeur à l'UQAM. Le détonateur peut décider de fonctionner n'importe quand sous l'influence d'un choc ou d'une étincelle. Après les guerres, les travailleurs agricoles sont souvent victimes de ces munitions oubliées.» Cyberpresse rapporte les propos de Sylvie Brochu, chimiste à RDDC Valcartier : «Un jour ou l'autre, une munition non explosée va rouiller ou fendre. Tout le contenu explosif peut alors s'infiltrer dans le sol. Le vrai danger, c'est que ces munitions gagnent la nappe phréatique.» Marc Brassard, ingénieur mécanique spécialisé dans le domaine des munitions de RDDC Valcartier, ajoute : «On est des pionniers dans ce domaine, affirme-t-il. Ce serait une première mondiale. »
La mission de Recherche et Développement pour la Défense Canada «consiste à améliorer la capacité de défense du Canada, par la recherche et le développement» Il existe 5 centres R et D pour la défense Canada. RDDC Valcartier n'a pas le mandat de commercialiser les technologies qu'il met au point. Le centre de recherche ne fait que fournir des conseils scientifiques aux Forces.
Pour en savoir plus, interventions de Luigi Alcaro et de Stephan Robinson lors de la deuxième conférence « Défense et Environnement : une nouvelle manière de penser », le 30 mai 2008 ICI
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Cyberpresse / 3B Conseils
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mardi 21 octobre 2008
Q790 : le feuilleton continue

BREST (France) – 21/10/2008 – 3B Conseils – Le Télégramme a rappelé que le « feuilleton juridique » autour du démantèlement de la coque Q790 se poursuivait. L’appel de l’association Friends of Hartlepool a été entendu.
« Dans le contexte de cet enlisement juridique, on imagine mal le bateau quitter Brest sans le feu vert définitif du pays ». Et le quotidien d’ajouter « Ce délai supplémentaire fait le jeu des défenseurs du démantèlement en France, les associations Mor Glaz et AE2D continuant de défendre la faisabilité d’une filière de déconstruction à Brest. (…) Ces mêmes brestois ont promis, une fois la procédure anglaise achevée, de reprendre le flambeau et de s’opposer au départ de la coque, côté français », rapporte le quotidien. Le Ouest France, quant à lui, rapporte les propos de Jean-Paul Hellequin, Président de l’association Mor Glaz : « Nous espérons que ce rapprochement entre les associations britanniques et françaises aboutira à la déconstruction de l’ex-Clemenceau en France, et pourquoi pas à Brest (…) Les syndicats de la métallurgie et de l’Arsenal doivent défendre ce dossier, et pas uniquement nous dire qu’ils ne sont pas d’accord avec le départ de l’ex-Clemenceau ».
L’association « Friends of Hartlepool », avait déposé, mercredi 3 septembre 2008 (article du 5 et du 19 septembre), un recours devant la Haute cour de Londres contre l’agence sanitaire britannique, et avait été débouté. Cette décision de la Cour royale de justice a été renversée en appel. Friends of Hartlepool souhaitait empêcher que l'ancien porte-avions français Le Clemenceau, qui contient de grosses quantités d'amiante, ne soit démantelé sur le chantier de Hartlepool (nord-est) pour des raisons environnementales et sanitaires. Elle accuse l’organe sanitaire britannique HSE d’avoir illégalement autorisé l’entreprise Able UK à démanteler le Q790. L’affaire devra désormais être jugée par la Cour d’appel de Londres.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : DICOD / Le Télégramme / Ouest France / 3B Conseils
Photo : Jean-Paul Hellequin, Président de l’association Mor Glaz
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mercredi 15 octobre 2008
Recherche et développement : principe de précaution pour les nanotechnologies

PARIS (France) – 15/10/2008 – 3B Conseils – Nous vous avons plusieurs fois présenté sur ce blog les nanotechnologies notamment avec le détecteur électronique hyper sensible pour détecter les gaz toxiques et le papier buvard d’absorption de polluants (22 août et 19 août). Ce sont l'ensemble des théories et techniques permettant de produire et manipuler des objets minuscules à l'échelle du milliardième de mètre (le nanomètre). Il existe des quantités très importantes de nanoparticules dans l'environnement, d'origine naturelle ou créées involontairement par l'homme (comme les particules très fines issues des processus de combustion), mais les nanomatériaux sont intentionnellement produits. Les implications militaires de ces technologies intéressent les ministères de la Défense. Pourtant, le 10 octobre l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) a présenté son troisième rapport sur les nanomatériaux notamment l'état de ses travaux sur l'évaluation des risques et recommandé le principe de précaution pour ces matériaux (communiqué de presse ICI). Dans son premier avis, en juillet 2006, l'Agence recommandait déjà la prise en compte de la spécificité de ces substances dans le cadre de la réglementation Reach, ainsi que l'élaboration d'un registre international public de nanomatériaux commercialisés. En effet, l’un des problèmes posés étant que le processus européen REACH (pour surveiller les produits chimiques) est peu applicable aux nanomatériaux car il exclut les petites quantités de son champ d'action. L'Afsset recommande donc un "renforcement de la transparence et de la traçabilité", reposant sur des "structures d'enregistrement et de surveillance des nanomatériaux". Le principe de précaution ne signifie pas, selon l'Afsset, renoncer à utiliser les nanotechnologies (déjà utilisé dans plus de 600 objets) mais les manipuler avec la même "prudence" que celle exigée pour "les matières dangereuses". Cela suppose une analyse de risque, un dossier de sécurité, l'établissement de barrières (confinement, salles en dépression, protection individuelles, transport sécurisé...) à leur inhalation, ingestion ou contact cutané. Tant lors de leur production, de leur transport, que de leur usage jusqu'en fin de vie.
Pour l'instant, l'Afsset n'a traité que le cas des personnels des labos et des usines, (7000 et 3200 personnes). Une évaluation en cours (publiée en )2009, s'intéresse à celui de la population générale, notamment lorsque des nanoparticules échappent à la matrice où elles ont été incorporées.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Actu Environnement / Libération / 3B Conseils
Photo (Tanguy Cadieu/Naja) : Experts de l’Afsset lors de la présentation du troisième rapport sur les nanomatériaux.
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lundi 13 octobre 2008
Les initiatives environnementales de la base marine de Toulon
TOULON (France) – 13/10/2008 – 3B Conseils – La base navale de Toulon anticipe les mesures à adopter dans le domaine du développement durable, sous l’impulsion du commissaire en chef Bruno de la Follye de Joux, directeur du Service vivres et restauration (SVR) à Toulon. L’une de ses principales initiatives a été de remplacer le fréon (un gaz dérivé du méthane utilisé dans les systèmes de réfrigération) par un gaz non polluant, le FX100, pour certains emplois. Il anticipe ainsi l’interdiction de ce gaz en 2014. En effet, son utilisation est contestée car ses composés peuvent être facilement détruits par les rayons UV se dissociant en éléments plus simples (chlore et le fluor), éléments responsables, entre autres, de la destruction de la couche d'ozone du réchauffement de la planète...Le centre de production alimentaire livre deux millions de repas par an dans la région, mais depuis janvier, l’acheminement des repas aux équipages de garde et au personnel isolé des vigie, à Toulon, se fait grâce à des vélos à moteur et des camions électriques. De plus, la base a depuis 1999 une cuisine centrale certifiée ISO 14001 (la série des normes ISO 14000 concernent le management environnemental) : « On a économisé 17% de notre consommation d’eau, l’an dernier, par rapport à 2006 (soit 1,5 million de litres). Nous avons notamment mis au point un processus de lavage des vaisselles plus économe en eau » précise Bruno de la Follye de Joux.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Armées d’Aujourd’hui n° 331 / 3B Conseils
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vendredi 10 octobre 2008
Marine : exercice de récupération de conteneurs tombés à la mer

BREST (France) – 10/10/2008 – 3B Conseils - Du 22 au 24 septembre, la Marine a mené une campagne d’essais grandeur nature de dérive des conteneurs en mer d’Iroise entre la pointe St Matthieu et la pointe du Raz. Cette expérimentation s’inscrivait dans le cadre du projet européen interrégional « Lost cont » (conteneurs perdus) visant à proposer des réponses au problème des conteneurs perdus par les navires de passage dans le golfe de Gascogne et ses approches. Il associait la préfecture maritime, le Cedre (centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), Aquitaine, le Sasemar (service espagnol de sécurité maritime), le COM Cherbourg, IPTM (Portugal) et le concours technique de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer).
Cette campagne d'essais visait plusieurs objectifs :
- La mise en place d'un système de suivi d'un conteneur perdu en mer par des systèmes ARGOS et AIS.
- Participer à l'amélioration des modèles de dérive MOTHY et SAR-DRIFT.
- Réaliser une étude du comportement d'un conteneur perdu en mer.
- Partager des expériences entre les différents partenaires au cours d'un atelier de travail européen organisé par le CEDRE les 25 et 26 septembre.
Le magasine cols bleus rapporte : « Le 22 septembre, un conteneur de 20 pieds, équipé d’une balise Argos et d’un transpondeur AIS, a été mis à la mer à la sortie du goulet Brest. Il a été récupéré par le bâtiment d’assistance de la base navale de Brest Alcyon 24 heures plus tard. L’analyse de cette dérive a pleinement permis de répondre aux attentes de l’expérimentation : collecter, d’une part, le maximum de renseignements sur les paramètres entrant en jeu (vent, courants, vagues) et, d’autre part, suivre le cheminement de la boite. Les mesures ont montré une vitesse de dérive comprise en 1 et 1,5 mille par heure. Elles confirment également l’importance du facteur « courant » qui semblerait influer largement sur cette dernière (de l’ordre de 85%). Un résultat qui, en raison du vent, peut évoluer en fonction du degré d’immersion. »
Chaque année au niveau mondial, on estime qu’environ 3 000 conteneurs sont perdus en mer. Livrés aux courants, au mouvement des vagues et au vent, ils représentent un danger tant pour la navigation (collisions avec les bateaux ...) que pour l’environnement (pollutions...).
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Cols Bleus n°2883 / Marine Nationale /Cedre / Ifremer / 3B Conseils
Photo (Marine Nationale) : Campagne d'essais Lost Cont 2008
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jeudi 9 octobre 2008
Quelle justice environnementale pour les victimes de l’agent orange au Vietnam ?

DUJON (France) – 9/10/2008 – 3B Conseils – Le 26 septembre 2008 s’est tenu à Dijon un colloque intitulé "Conflits et environnement : de l'écocide à la justice environnementale", organisé par le Comité français pour le Village de l'Amitié de la Côte d'Or. Le village de Vân Canh situé au nord de Hanoi et créé à l'initiative d'anciens combattants français, allemands, britanniques, américains et japonais. Il regroupe 10 pavillons où plus de 150 enfants et personnes âgées victimes de l'agent orange y vivent et reçoivent des soins adaptés. Qu’est ce que l’écocide ? Entendue comme certains actes qui visent à bouleverser ou détruire le développement de tout ou partie d’un écosystème humain ou comme l’utilisation délibérée de technologies de destruction écologique à grande échelle, cette notion a été évoquée pour la première fois à l’occasion de la guerre du Vietnam puis rétrospectivement au regard des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, ou pendant des conflits plus récents tels que les deux guerres du Golfe (usage d’uranium appauvri) ou en Serbie, au Kosovo et au Liban avec l’utilisation de bombes à fragmentation, mais sans pour autant et pour l’instant, emporter de conséquences juridiques.
Tout ce qui a été détruit au Vietnam, tant sur le plan humain qu'environnemental, doit être dédommagé, ont affirmé à l'unanimité des participants au colloque. Les interventions présentées à ce colloque ont abordé les conséquences de la dioxine après guerre au Vietnam ainsi que la responsabilité des fabricants américains des produits toxiques envers les victimes vietnamiennes. Les scientifiques participants ont discuté à cette occasion du nouveau terme "écocide" considéré comme une des plus importantes conséquences de la guerre moderne.
"Le droit à réparation : quels recours?" place le débat sur le terrain judiciaire. En effet, une plainte a été engagée à la Cour d'appel de l'État de New York, par l'Association des victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine (VAVA), en janvier 2004, à l'encontre de 37 entreprises chimiques (dont Monsanto et Dow Chemical) ayant fabriqué les défoliants, pour "crimes contre l'humanité et crimes de guerre, violations des lois internationales, fabrication de produits dangereux, dommages intentionnels, enrichissement abusif". La plainte a été rejetée le 11 mars 2005 pour irrecevabilité, au motif que l'agent orange, officiellement un herbicide, ne saurait être qualifié d'arme chimique ni de poison. Le 22 février 2008, pour la 2e fois, la plainte de la VAVA été ajournée (alors que la même Cour d'appel a, en 1984, entériné un compromis en indemnisant les vétérans américains à hauteur de 180 millions de dollars, et ce sans jugement). Les victimes vietnamiennes ont présenté une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis d'Amérique, le 6 octobre 2008. L'Association internationale des juristes démocrates (AIJD) a lancé un "appel international de juristes pour la responsabilité des États-Unis envers le Vietnam pour les épandages de dioxine". Ainsi, le principe "pollueur-payeur" devient immédiat.
Une exposition des photos sur les victimes de l'agent orange du Vietnam s'est ouverte le 25 septembre dernier dans les locaux du Conseil régional de Bourgogne. Les maladies dues à la dioxine ont été présentées par l'INSERM en 2000 dans un rapport intitulé "Dioxines dans l'environnement. Quels risques pour la santé? ". Par ailleurs, l'Académie des sciences des États-Unis a publié une liste des maladies dues à la dioxine et révisable tous les 2 ans. En raison de la stabilité de la dioxine, les nouvelles générations au Viêt Nam vivent encore en présence de ce produit cancérogène et tératogène, occasionnant des maladies diverses, des cancers et des malformations à la naissance. L’agent orange est le plus utilisés des herbicides il fut utilisés pour défolier les forêts et ainsi empêcher les Vietnamiens de se cacher, pour détruire leurs récoltes, mais aussi pour dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques. L'utilisation d'une telle quantité d'herbicide a eu un impact important sur l'environnement. Dans Le Courrier de l'Unesco, datant du mois de mai 2000, l’UNESCO estime que le cinquième des forêts sud-vietnamiennes a été détruit par les herbicides américains.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Courrier du Vietnam / 3B Conseils
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mercredi 8 octobre 2008
Evaluation des 8000 tonnes de munitions coulées dans les lacs suisses

BECKENRIED (Suisse) – 8/10/2008 – 3B Conseils – Les autorités suisses ont débuté hier une vaste campagne pour examiner l'état et la dangerosité de plus de 8.000 tonnes de munitions coulées dans les lacs du pays et dont la décomposition pourrait menacer l'environnement.
Benno Bühlmann, responsable de l'environnement des cantons limitrophes du lac, a expliqué que les militaires allaient, dans un premier temps, remonter des échantillons de munitions des lacs de Quatre cantons (centre) "pour ensuite analyser en laboratoire leur état de décomposition et les risques qu'ils peuvent représenter". Ils sont aidés d'Armasuisse, le centre de compétences de l'armée helvétique pour l'acquisition de matériels technologiquement complexes et de technologies de l'armement. Pour cette opération présentée comme une première mondiale, l'armée suisse va utiliser une barge modifiée, équipée d'un grappin et guidée par un robot sous-marin pour remonter des échantillons des profondeurs du lac.
Ce lac recèle environ 3.200 tonnes de munitions (obus d'artillerie, grenades, mèches et détonateurs), des surplus de l'armée qui ont été coulés, depuis la Première guerre mondiale jusque dans le milieu des années 1960. "Il n'y avait pas de considération écologique dans le passé et c'était alors la meilleure façon de se débarrasser des munitions", reconnaît Benno Bühlmann, et d’avertir qu’au-delà du danger d'explosion, provoqué par la remontée des obus, le soulèvement des sédiments chargés de résidus de TNT et de métaux lourds pourrait provoquer "un désastre écologique". Il y a un an, les zones de dépôts de munitions dans les lacs de Thoune, de Brienz et des Quatre-Cantons ont été contrôlées et mesurées. A cette occasion, les zones d'immersion supposées ont été confirmées et des surfaces de concentration de dépôts ont été localisées. Les autres études menées jusqu'à présent confirment que les munitions immergées n'ont déversé aucune substance explosive dans les lacs. L’objectif de la campagne est de localiser avec plus de précision la munition immergée et de déterminer en particulier la couche de sédiments dont elle est recouverte. "Les munitions sont actuellement recouvertes par une trentaine de centimètres de sédiments qui les isolent", a précisé le spécialiste. Aucune pollution n'a, pour l’instant, été relevée dans le lac. L'opération doit durer entre deux et trois semaines et sera reproduite dans deux autres lacs ayant servi de décharges militaires: le lac Thoune et de Brienz (centre). Un repêchage à proprement parler des munitions n'est pas le but de cette prise d'échantillons et il n'est d'ailleurs toujours pas prévu de procéder à une évacuation de ces dépôts. Un rapport final sera remis d'ici la fin 2009.
Pour améliorer les caractéristiques cinétiques des projectiles, des métaux lourds ont été utilisés dans la plupart des munitions. Or, ils sont toxiques (notamment le plomb qui est l’un des éléments les plus toxiques en termes de risque/quantité, avec le mercure).
Pour en savoir plus, intervention de Luigi Alcaro et de Stephan Robinson lors de la deuxième conférence « Défense et Environnement : une nouvelle manière de penser », le 30 mai 2008 ICI
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports / Le Figaro / AFP / 3B Conseils
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mardi 7 octobre 2008
L’US Army se met au vert (2)

FORT IRWIN (Etats-Unis) – 7/10/2008 – 3B Conseils – Le 4 août, nous vous présentions le programme de développement durable que l’US Army a lancé dans toutes ses bases. Cela a commencé en 2001 à Fort Bragg en Caroline du Nord (29 183 personnes) avec la construction de villages factices et Fort Carson dans le Colorado (18 500 personnes), première base à contrôler ses émissions de gaz à effet de serres. Aujourd’hui, à Fort Irwin (3100 km2), dans le désert californien du Mojave, débute une période d’expérimentation de deux ans afin de réduire les émissions carbones. « Nous avons deux choses que les compagnies énergétiques recherchent » a souligné le commandant de la garnison Jim Chevallier « beaucoup de soleil et beaucoup de vent. ». Et Fort Irwin compte les utiliser pour réduire son empreinte écologique dans le désert de Mojave. Le camp a mis en place une série de mesures pour augmenter l’utilisation des énergies renouvelables. Actuellement cette base est l’un des plus grands consommateurs d’énergie de la Southern California Edison, le principal fournisseur d’énergie renouvelable de l’Etat. Chevallier prévoit en deux ans de finir la construction d’une usine d’énergie renouvelable qui produira assez d’énergie solaire et éolienne pour faire fonctionner tout le camp. Le commandant a tout une liste d’initiatives pour réduire la consommation. Les nouveaux bâtiments répondront à des normes environnementales strictes, les lumières externes fonctionneront grâce à l'énergie solaire, les soldats recevront des ordres pour limiter leur consommation d’énergie et payeront des taxes en cas d’excès, et des véhicules électriques seront utilisés. En plus de l'énergie, Chevallier a indiqué que la base construira une usine de traitement des eaux usées.
Fort Irwin est le plus grand camp d’entraînement militaire des Etats-Unis, à trois heures de route de Los Angeles et de Las Vegas (Nevada). Fort Irwin a été fondé en 1940 et est le centre national d’entraînement des forces armées depuis 1981. Le camp a été successivement terrain d’entraînement contre les Soviétiques, les Irakiens et les Afghans.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Desert Dispatch / Fort Irwin / 3B Conseils
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