
PARIS (France) – 15/10/2008 – 3B Conseils – Nous vous avons plusieurs fois présenté sur ce blog les nanotechnologies notamment avec le détecteur électronique hyper sensible pour détecter les gaz toxiques et le papier buvard d’absorption de polluants (22 août et 19 août). Ce sont l'ensemble des théories et techniques permettant de produire et manipuler des objets minuscules à l'échelle du milliardième de mètre (le nanomètre). Il existe des quantités très importantes de nanoparticules dans l'environnement, d'origine naturelle ou créées involontairement par l'homme (comme les particules très fines issues des processus de combustion), mais les nanomatériaux sont intentionnellement produits. Les implications militaires de ces technologies intéressent les ministères de la Défense. Pourtant, le 10 octobre l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) a présenté son troisième rapport sur les nanomatériaux notamment l'état de ses travaux sur l'évaluation des risques et recommandé le principe de précaution pour ces matériaux (communiqué de presse ICI). Dans son premier avis, en juillet 2006, l'Agence recommandait déjà la prise en compte de la spécificité de ces substances dans le cadre de la réglementation Reach, ainsi que l'élaboration d'un registre international public de nanomatériaux commercialisés. En effet, l’un des problèmes posés étant que le processus européen REACH (pour surveiller les produits chimiques) est peu applicable aux nanomatériaux car il exclut les petites quantités de son champ d'action. L'Afsset recommande donc un "renforcement de la transparence et de la traçabilité", reposant sur des "structures d'enregistrement et de surveillance des nanomatériaux". Le principe de précaution ne signifie pas, selon l'Afsset, renoncer à utiliser les nanotechnologies (déjà utilisé dans plus de 600 objets) mais les manipuler avec la même "prudence" que celle exigée pour "les matières dangereuses". Cela suppose une analyse de risque, un dossier de sécurité, l'établissement de barrières (confinement, salles en dépression, protection individuelles, transport sécurisé...) à leur inhalation, ingestion ou contact cutané. Tant lors de leur production, de leur transport, que de leur usage jusqu'en fin de vie.
Pour l'instant, l'Afsset n'a traité que le cas des personnels des labos et des usines, (7000 et 3200 personnes). Une évaluation en cours (publiée en )2009, s'intéresse à celui de la population générale, notamment lorsque des nanoparticules échappent à la matrice où elles ont été incorporées.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Actu Environnement / Libération / 3B Conseils
Photo (Tanguy Cadieu/Naja) : Experts de l’Afsset lors de la présentation du troisième rapport sur les nanomatériaux.
mercredi 15 octobre 2008
Recherche et développement : principe de précaution pour les nanotechnologies
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lundi 13 octobre 2008
Les initiatives environnementales de la base marine de Toulon
TOULON (France) – 13/10/2008 – 3B Conseils – La base navale de Toulon anticipe les mesures à adopter dans le domaine du développement durable, sous l’impulsion du commissaire en chef Bruno de la Follye de Joux, directeur du Service vivres et restauration (SVR) à Toulon. L’une de ses principales initiatives a été de remplacer le fréon (un gaz dérivé du méthane utilisé dans les systèmes de réfrigération) par un gaz non polluant, le FX100, pour certains emplois. Il anticipe ainsi l’interdiction de ce gaz en 2014. En effet, son utilisation est contestée car ses composés peuvent être facilement détruits par les rayons UV se dissociant en éléments plus simples (chlore et le fluor), éléments responsables, entre autres, de la destruction de la couche d'ozone du réchauffement de la planète...Le centre de production alimentaire livre deux millions de repas par an dans la région, mais depuis janvier, l’acheminement des repas aux équipages de garde et au personnel isolé des vigie, à Toulon, se fait grâce à des vélos à moteur et des camions électriques. De plus, la base a depuis 1999 une cuisine centrale certifiée ISO 14001 (la série des normes ISO 14000 concernent le management environnemental) : « On a économisé 17% de notre consommation d’eau, l’an dernier, par rapport à 2006 (soit 1,5 million de litres). Nous avons notamment mis au point un processus de lavage des vaisselles plus économe en eau » précise Bruno de la Follye de Joux.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Armées d’Aujourd’hui n° 331 / 3B Conseils
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vendredi 10 octobre 2008
Marine : exercice de récupération de conteneurs tombés à la mer

BREST (France) – 10/10/2008 – 3B Conseils - Du 22 au 24 septembre, la Marine a mené une campagne d’essais grandeur nature de dérive des conteneurs en mer d’Iroise entre la pointe St Matthieu et la pointe du Raz. Cette expérimentation s’inscrivait dans le cadre du projet européen interrégional « Lost cont » (conteneurs perdus) visant à proposer des réponses au problème des conteneurs perdus par les navires de passage dans le golfe de Gascogne et ses approches. Il associait la préfecture maritime, le Cedre (centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), Aquitaine, le Sasemar (service espagnol de sécurité maritime), le COM Cherbourg, IPTM (Portugal) et le concours technique de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer).
Cette campagne d'essais visait plusieurs objectifs :
- La mise en place d'un système de suivi d'un conteneur perdu en mer par des systèmes ARGOS et AIS.
- Participer à l'amélioration des modèles de dérive MOTHY et SAR-DRIFT.
- Réaliser une étude du comportement d'un conteneur perdu en mer.
- Partager des expériences entre les différents partenaires au cours d'un atelier de travail européen organisé par le CEDRE les 25 et 26 septembre.
Le magasine cols bleus rapporte : « Le 22 septembre, un conteneur de 20 pieds, équipé d’une balise Argos et d’un transpondeur AIS, a été mis à la mer à la sortie du goulet Brest. Il a été récupéré par le bâtiment d’assistance de la base navale de Brest Alcyon 24 heures plus tard. L’analyse de cette dérive a pleinement permis de répondre aux attentes de l’expérimentation : collecter, d’une part, le maximum de renseignements sur les paramètres entrant en jeu (vent, courants, vagues) et, d’autre part, suivre le cheminement de la boite. Les mesures ont montré une vitesse de dérive comprise en 1 et 1,5 mille par heure. Elles confirment également l’importance du facteur « courant » qui semblerait influer largement sur cette dernière (de l’ordre de 85%). Un résultat qui, en raison du vent, peut évoluer en fonction du degré d’immersion. »
Chaque année au niveau mondial, on estime qu’environ 3 000 conteneurs sont perdus en mer. Livrés aux courants, au mouvement des vagues et au vent, ils représentent un danger tant pour la navigation (collisions avec les bateaux ...) que pour l’environnement (pollutions...).
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Cols Bleus n°2883 / Marine Nationale /Cedre / Ifremer / 3B Conseils
Photo (Marine Nationale) : Campagne d'essais Lost Cont 2008
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jeudi 9 octobre 2008
Quelle justice environnementale pour les victimes de l’agent orange au Vietnam ?

DUJON (France) – 9/10/2008 – 3B Conseils – Le 26 septembre 2008 s’est tenu à Dijon un colloque intitulé "Conflits et environnement : de l'écocide à la justice environnementale", organisé par le Comité français pour le Village de l'Amitié de la Côte d'Or. Le village de Vân Canh situé au nord de Hanoi et créé à l'initiative d'anciens combattants français, allemands, britanniques, américains et japonais. Il regroupe 10 pavillons où plus de 150 enfants et personnes âgées victimes de l'agent orange y vivent et reçoivent des soins adaptés. Qu’est ce que l’écocide ? Entendue comme certains actes qui visent à bouleverser ou détruire le développement de tout ou partie d’un écosystème humain ou comme l’utilisation délibérée de technologies de destruction écologique à grande échelle, cette notion a été évoquée pour la première fois à l’occasion de la guerre du Vietnam puis rétrospectivement au regard des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, ou pendant des conflits plus récents tels que les deux guerres du Golfe (usage d’uranium appauvri) ou en Serbie, au Kosovo et au Liban avec l’utilisation de bombes à fragmentation, mais sans pour autant et pour l’instant, emporter de conséquences juridiques.
Tout ce qui a été détruit au Vietnam, tant sur le plan humain qu'environnemental, doit être dédommagé, ont affirmé à l'unanimité des participants au colloque. Les interventions présentées à ce colloque ont abordé les conséquences de la dioxine après guerre au Vietnam ainsi que la responsabilité des fabricants américains des produits toxiques envers les victimes vietnamiennes. Les scientifiques participants ont discuté à cette occasion du nouveau terme "écocide" considéré comme une des plus importantes conséquences de la guerre moderne.
"Le droit à réparation : quels recours?" place le débat sur le terrain judiciaire. En effet, une plainte a été engagée à la Cour d'appel de l'État de New York, par l'Association des victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine (VAVA), en janvier 2004, à l'encontre de 37 entreprises chimiques (dont Monsanto et Dow Chemical) ayant fabriqué les défoliants, pour "crimes contre l'humanité et crimes de guerre, violations des lois internationales, fabrication de produits dangereux, dommages intentionnels, enrichissement abusif". La plainte a été rejetée le 11 mars 2005 pour irrecevabilité, au motif que l'agent orange, officiellement un herbicide, ne saurait être qualifié d'arme chimique ni de poison. Le 22 février 2008, pour la 2e fois, la plainte de la VAVA été ajournée (alors que la même Cour d'appel a, en 1984, entériné un compromis en indemnisant les vétérans américains à hauteur de 180 millions de dollars, et ce sans jugement). Les victimes vietnamiennes ont présenté une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis d'Amérique, le 6 octobre 2008. L'Association internationale des juristes démocrates (AIJD) a lancé un "appel international de juristes pour la responsabilité des États-Unis envers le Vietnam pour les épandages de dioxine". Ainsi, le principe "pollueur-payeur" devient immédiat.
Une exposition des photos sur les victimes de l'agent orange du Vietnam s'est ouverte le 25 septembre dernier dans les locaux du Conseil régional de Bourgogne. Les maladies dues à la dioxine ont été présentées par l'INSERM en 2000 dans un rapport intitulé "Dioxines dans l'environnement. Quels risques pour la santé? ". Par ailleurs, l'Académie des sciences des États-Unis a publié une liste des maladies dues à la dioxine et révisable tous les 2 ans. En raison de la stabilité de la dioxine, les nouvelles générations au Viêt Nam vivent encore en présence de ce produit cancérogène et tératogène, occasionnant des maladies diverses, des cancers et des malformations à la naissance. L’agent orange est le plus utilisés des herbicides il fut utilisés pour défolier les forêts et ainsi empêcher les Vietnamiens de se cacher, pour détruire leurs récoltes, mais aussi pour dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques. L'utilisation d'une telle quantité d'herbicide a eu un impact important sur l'environnement. Dans Le Courrier de l'Unesco, datant du mois de mai 2000, l’UNESCO estime que le cinquième des forêts sud-vietnamiennes a été détruit par les herbicides américains.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Courrier du Vietnam / 3B Conseils
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mercredi 8 octobre 2008
Evaluation des 8000 tonnes de munitions coulées dans les lacs suisses

BECKENRIED (Suisse) – 8/10/2008 – 3B Conseils – Les autorités suisses ont débuté hier une vaste campagne pour examiner l'état et la dangerosité de plus de 8.000 tonnes de munitions coulées dans les lacs du pays et dont la décomposition pourrait menacer l'environnement.
Benno Bühlmann, responsable de l'environnement des cantons limitrophes du lac, a expliqué que les militaires allaient, dans un premier temps, remonter des échantillons de munitions des lacs de Quatre cantons (centre) "pour ensuite analyser en laboratoire leur état de décomposition et les risques qu'ils peuvent représenter". Ils sont aidés d'Armasuisse, le centre de compétences de l'armée helvétique pour l'acquisition de matériels technologiquement complexes et de technologies de l'armement. Pour cette opération présentée comme une première mondiale, l'armée suisse va utiliser une barge modifiée, équipée d'un grappin et guidée par un robot sous-marin pour remonter des échantillons des profondeurs du lac.
Ce lac recèle environ 3.200 tonnes de munitions (obus d'artillerie, grenades, mèches et détonateurs), des surplus de l'armée qui ont été coulés, depuis la Première guerre mondiale jusque dans le milieu des années 1960. "Il n'y avait pas de considération écologique dans le passé et c'était alors la meilleure façon de se débarrasser des munitions", reconnaît Benno Bühlmann, et d’avertir qu’au-delà du danger d'explosion, provoqué par la remontée des obus, le soulèvement des sédiments chargés de résidus de TNT et de métaux lourds pourrait provoquer "un désastre écologique". Il y a un an, les zones de dépôts de munitions dans les lacs de Thoune, de Brienz et des Quatre-Cantons ont été contrôlées et mesurées. A cette occasion, les zones d'immersion supposées ont été confirmées et des surfaces de concentration de dépôts ont été localisées. Les autres études menées jusqu'à présent confirment que les munitions immergées n'ont déversé aucune substance explosive dans les lacs. L’objectif de la campagne est de localiser avec plus de précision la munition immergée et de déterminer en particulier la couche de sédiments dont elle est recouverte. "Les munitions sont actuellement recouvertes par une trentaine de centimètres de sédiments qui les isolent", a précisé le spécialiste. Aucune pollution n'a, pour l’instant, été relevée dans le lac. L'opération doit durer entre deux et trois semaines et sera reproduite dans deux autres lacs ayant servi de décharges militaires: le lac Thoune et de Brienz (centre). Un repêchage à proprement parler des munitions n'est pas le but de cette prise d'échantillons et il n'est d'ailleurs toujours pas prévu de procéder à une évacuation de ces dépôts. Un rapport final sera remis d'ici la fin 2009.
Pour améliorer les caractéristiques cinétiques des projectiles, des métaux lourds ont été utilisés dans la plupart des munitions. Or, ils sont toxiques (notamment le plomb qui est l’un des éléments les plus toxiques en termes de risque/quantité, avec le mercure).
Pour en savoir plus, intervention de Luigi Alcaro et de Stephan Robinson lors de la deuxième conférence « Défense et Environnement : une nouvelle manière de penser », le 30 mai 2008 ICI
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports / Le Figaro / AFP / 3B Conseils
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mardi 7 octobre 2008
L’US Army se met au vert (2)

FORT IRWIN (Etats-Unis) – 7/10/2008 – 3B Conseils – Le 4 août, nous vous présentions le programme de développement durable que l’US Army a lancé dans toutes ses bases. Cela a commencé en 2001 à Fort Bragg en Caroline du Nord (29 183 personnes) avec la construction de villages factices et Fort Carson dans le Colorado (18 500 personnes), première base à contrôler ses émissions de gaz à effet de serres. Aujourd’hui, à Fort Irwin (3100 km2), dans le désert californien du Mojave, débute une période d’expérimentation de deux ans afin de réduire les émissions carbones. « Nous avons deux choses que les compagnies énergétiques recherchent » a souligné le commandant de la garnison Jim Chevallier « beaucoup de soleil et beaucoup de vent. ». Et Fort Irwin compte les utiliser pour réduire son empreinte écologique dans le désert de Mojave. Le camp a mis en place une série de mesures pour augmenter l’utilisation des énergies renouvelables. Actuellement cette base est l’un des plus grands consommateurs d’énergie de la Southern California Edison, le principal fournisseur d’énergie renouvelable de l’Etat. Chevallier prévoit en deux ans de finir la construction d’une usine d’énergie renouvelable qui produira assez d’énergie solaire et éolienne pour faire fonctionner tout le camp. Le commandant a tout une liste d’initiatives pour réduire la consommation. Les nouveaux bâtiments répondront à des normes environnementales strictes, les lumières externes fonctionneront grâce à l'énergie solaire, les soldats recevront des ordres pour limiter leur consommation d’énergie et payeront des taxes en cas d’excès, et des véhicules électriques seront utilisés. En plus de l'énergie, Chevallier a indiqué que la base construira une usine de traitement des eaux usées.
Fort Irwin est le plus grand camp d’entraînement militaire des Etats-Unis, à trois heures de route de Los Angeles et de Las Vegas (Nevada). Fort Irwin a été fondé en 1940 et est le centre national d’entraînement des forces armées depuis 1981. Le camp a été successivement terrain d’entraînement contre les Soviétiques, les Irakiens et les Afghans.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Desert Dispatch / Fort Irwin / 3B Conseils
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lundi 6 octobre 2008
Les pollutions nucléaires en France

PARIS (France) – 6/10/2008 – 3B Conseils – Le magazine Capital publie actuellement un dossier sur les pollution radioactives en France. Le journal propose un dossier répertoriant les pollutions radioactives en France, région par région, département par département, ville par ville, d’après un rapport de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) de 2006 (rapport consultable ICI). Sont passées en revue les sources : militaires, les anciennes mines d'uranium, les laboratoires de recherche civils, comme le CEA, les centrales nucléaires d'EDF en activité ou en démantèlement, les centres hospitaliers, les industries chimiques traitant de matières premières susceptibles de renfermer des éléments radioactifs, les décharges contaminées... 899 sites sont répertoriés dont 159 font l’objet de fiches détaillées.
Selon le mensuel : « La Défense nationale, qui avait d’autres soucis en tête, a par exemple laissé ses pattes sales un peu partout dans le paysage – des résidus d’uranium militaire ont été découverts dans la nappe phréatique après l’accident de la Socatri » (article 22 juillet).
Les atolls de Mururoa et de Fangataufa, en Polynésie française (article du 15 juillet) sont particulièrement visés. La France y avait procédé, entre 1966 et 1974, à de nombreux essais nucléaires. A Fangataufa, entre 1966 et 1970, 4 essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère puis, à partir de 1975 et jusqu’en janvier 1996, 10 essais nucléaires souterrains. A Mururoa, entre 1966 et 1974, 37 essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère et 5 expériences de sécurité atmosphériques puis, à partir de 1976 et jusqu’en décembre 1995, 127 essais nucléaires souterrains et 10 expériences de sécurité. Ces tirs ont laissé sur place une grande quantité de résidus hautement toxiques. L'ANDRA évalue à 3 kilos les quantités de plutonium déposées dans les sédiments du fond du lagon de Fangataufa, et à 6,9 kilos celles qui se sont accumulées au fond de Mururoa (rapport ICI). En août 1995, la France a demandé à l’AIEA que soit réalisée une étude sur la situation radiologique sur l’atoll. Le Comité Consultatif International mis en place a commencé ses travaux en avril 1996 et a publié son rapport en juillet 1998 ; les données présentées dans le dossier de l’ANDRA sont extraites de ce rapport. Les installations du CEP ont été démantelées entre février 1996 et juillet 1998.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : DICOD / Capital / ANDRA / 3B Conseils
Photo : Atoll de Mururoa
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vendredi 3 octobre 2008
OTAN : Quelle technologie pour lutter contre les engins explosifs improvisés ?

BRUXELLES (Belgique) – 3/10/2008 – 3B Conseils - Le Commandant Suprême Allié Transformation de l’OTAN (SACT), le général américain James Mattis, a indiqué être actuellement à la recherche de solutions pour « faire exploser les bombes dissimulées sur le bord des routes de manière préventive – c’est à dire, avant que ceux qui les ont posées ne puissent le faire ». La tâche semble très complexe ! Pour les scientifiques « plus difficile que d’aller sur la lune » même. De telles technologies sont importantes non seulement pour les forces déployées sur un théâtre d’action mais aussi pour la sécurité du pays. Le général a rappelé l’importance d’avoir l’initiative et de ne pas permettre à l‘ennemi de choisir le moment et le lieu de l’attaque. Il faut donc des technologies de brouillage, et la doctrine militaire doit pouvoir changer en cas de besoin.
Cette arme du pauvre, le plus souvent confectionnée d'obus reliés à un détonateur, se montre redoutablement efficace. Les Engins Explosifs Improvisés (EEI ou en anglais : Improvised Explosive Device- IED) ou « roadside bombs », enterrées sur le bord des routes, sont l’une des premières menaces en Irak et en Afghanistan, elles coutent la vie à de nombreux soldats et en blessent encore plus. Elles incorporent des composants chimiques explosifs, incendiaires ou toxiques. Comme il s'agit d'engins non conventionnels, il n'existe aucune procédure précise pour les désamorcer et la présence d'éléments toxiques ou radioactifs rend les opérations de désamorçages très délicates. Les EEI sont très difficiles à détecter, ces charges sont déclenchées au passage des véhicules militaires à l’aide de mises à feu plus ou moins sophistiquées. L'engin peut aussi exploser par la manipulation, le contact ou la proximité d'un individu ou d'un véhicule. Les civils ne sont donc pas épargnés. Il peut aussi exploser après une durée déterminée fixée ou sous l'action d'un opérateur (télécommandé). L’armée américaine s’est donc dotée de MRAP (Mine-Resistant Ambush-Protected Vehicle), car leurs HUMVEE sont particulièrement vulnérables à ce type d’attaque.
Trois soldats de l’ISAF sont morts dans l’explosion d’une bombe qui était déposée sur le bord de route, lundi 30 septembre, dans le sud de l’Afghanistan.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Defense News / DICOD /
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jeudi 2 octobre 2008
Europe de la Défense : mutualisation des moyens au programme

DEAUVILLE (France) – 2/10/2008 – 3B Conseils – Les 1er et 2 octobre, un sommet informel des ministres européens de la Défense se tient à Deauville, sous la présidence du ministre de la Défense Hervé Morin afin d’envisager une relance de la coopération militaire. Plusieurs points ont été mis à l’ordre du jour notamment : dans le domaine maritime, le lancement d’un réseau de surveillance commune du littoral européen et d’évacuation des ressortissants ainsi que la constitution d’un groupe aéronaval européen incluant un porte-avions, des frégates et des sous-marins d’accompagnement. Selon la Croix, « huit pays seraient aujourd’hui prêts à y participer » dont la France. "Nous proposons une Europe de la Défense à la carte" » a commenté Hervé Morin.
De même, « une mutualisation des moyens de déminage maritime est en outre envisagée par six pays » note le même quotidien. Déjà, il y a quelques jours le Portail des sous marins avait rapporté les propos de Luc Cahier-Bihoreau, responsable du développement de l’unité de la lutte contre les mines chez Thales Under Water Systems et du capitaine de corvette Mathieu Cherriere, commandant du chasseur de mines Verseau, pour qui les plongeurs-démineurs Français sont les plus grands spécialistes de la lutte contre les mines. Pas tant du fait des technologies dont ils disposent que de leur expérience accumulée. Pour Luc Cahier-Bihoreau : “La réputation de la France s’est faite après la première Guerre du Golfe, lorsque les marines alliées ont nettoyé le Golfe de 1.200 mines, dont la majeure partie a été trouvée par la France. Donc, quand par exemple le Pakistan a cherché à acheter des systèmes de déminage, ils ont seulement regardé combien chacun avait trouvé de mines dans le Golfe et sont allés vers le vainqueur”. Les matériels actuels de lutte contre les mines seront obsolètes d’ici 20 ans, la mutualisation des moyens au niveau européen est donc une solution. Justement l’Agence européenne de Défense (AED, créée 12 juillet 2004), » qui a pour mission d'assister le Conseil et les États membres dans leurs efforts pour améliorer les capacités de défense de l'Union européenne et qui est donc destinée à porter les projets d’équipements militaires communs, devrait monter en puissance. Les Echos note que « les Britanniques ne s’opposeraient pas à une hausse (légère toutefois) des moyens de l’Agence européenne de Défense » et la Croix souligne que « Paris propose que les procédures de fonctionnement de l’AED soient simplifiées ». Les propositions élaborées à Deauville devraient faire l'objet d'une décision formelle lors d'une réunion des ministres prévue le 10 novembre à Bruxelles, puis le Conseils européen donnera son accord final à la mi-décembre.Le 4 décembre 1998, la défense européenne était lancée à Saint-Malo mais après s’être dotée de nombreux comités et institutions, et multiplié les opérations civilo-militaires et militaires, elle manque de budgets. La France a fait de la relance de l'Europe de la défense l'une des quatre priorités de sa présidence de l'UE.
Pour en savoir plus : discours du Général Carlo Magrassi (Agence européenne de défense) lors de la deuxième conférence « Défense et Environnement : une nouvelle manière de penser » le 30 mai 2008 et le 10 juillet 2007, « L’importance de la prise en compte de l’environnement pour les programmes de coopération européens » : ICI.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : DICOD / La Croix / Le Portail des sous-marins / 3B Conseils
Photo (Stéphane Geufroi, Ouest France) : Les 27 ministres de la Défense de l’Union Européenne.
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mercredi 1 octobre 2008
Ex-Clemenceau : fin du feuilleton ?

BREST (France) – 1/10/2008 – 3B Conseils – La coque Q790 pourrait rejoindre l’Angleterre le premier week end de novembre. En effet, l’association « Friends of Hartlepool », qui avait déposé, mercredi 3 septembre 2008 (article du 5 et du 19 septembre), un recours devant la Haute cour de Londres contre l’agence sanitaire britannique, a été débouté. Friends of Hartlepool souhaitait empêcher que l'ancien porte-avions français Le Clemenceau, qui contient de grosses quantités d'amiante, ne soit démantelé sur le chantier de Hartlepool (nord-est) pour des raisons environnementales et sanitaires. La Haute cour de Londres estime que l'importation d'amiante en Grande-Bretagne est certes interdite, mais que la dérogation délivrée par le Health & Safety Executive (HSE, agence environnementale et sanitaire britannique) à la société Able UK est valable. "La demande d'examen de la décision d'exemption des services sanitaires britanniques a été rejetée. Nous sommes ravis", a indiqué à l'AFP Peter Stephenson, président de la société Able UK.
Pour sa part Le Télégramme s’interroge : « Le traitement du Clem se voulait écologiquement "exemplaire", a fortiori après sa calamiteuse escapade en Inde. Mais qu’en penser aujourd’hui, alors que son attribution semble reposer sur un argument exclusivement financier ? ». Le quotidien rappelle qu’une fois la matière première valorisée, la facture de la société britannique Able UK « devrait se situer entre 2,5 et 4,5 M d’euros, alors que les quatre autres propositions affichent des montants de cinq à dix fois supérieurs ». Pourquoi ? Le Télégramme avance une hypothèse : « y a-t-il eu malentendu quant à la quantité d’amiante à traiter ? S’agit-il de 700 t de produits amiantés (la substance et les éléments voisins contaminés) ou 700 t d’amiante brut (auquel il faut ajouter les tonnes de produits périphériques touchés) ? ». Le Télégramme rappelle la position d’Olivier François de la société belge Galloo qui évoque « les déficiences de l’expertise amiante », qui n’a « vraiment pas été faite au standard international ». Pour l'instant le maire de Brest, François Cuillandre, n'a pas fait de commentaires. Jean-Paul Hellequin, représentant syndical de la CGT des Marins, et président de l’association Mor-Glaz (article du 19 septembre), a indiqué que maître Sullivan (défenseur devant la cour de Londres pour l'association Friends of Hartlepool) décidera dans la journée de la décision de faire appel ou pas. Par ailleurs, l'association brestoise AE2B devrait déposer une action en référé dans la semaine.
Selon M. Stephenson, l'association a quatorze jours pour faire appel de la décision du juge de la Haute cour de Londres "mais il y a peu de chance qu'elle le fasse", a-t-il estimé. Le démantèlement du Q790 devrait durer une dizaine de mois, a indiqué M. Stephenson, président de la société Able UK, précisant qu'environ 700 tonnes de matériaux contaminés par de l'amiante se trouvaient toujours à bord.
Est-ce pour éviter pareille polémique que la Marine américaine a annoncé la déconstruction aux Etats-Unis des neuf autres navires militaires qui devaient arriver à Hartlepool, en plus des quatre premiers toujours en attente de déconstruction ?
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Mer et Marine / Le Figaro / Le Télégramme / Ouest France / DICOD / 3B Conseils
Photo : La coque Q790
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