KABOUL (Afghanistan) – 22/07/2010 – 3B Conseils - Marqué par plusieurs décennies de guerre et en dépit des efforts du Service de l'action anti-mines des Nations Unies (UNMAS) et du Centre afghan de coordination de l'action anti-mines (MACCA), l'Afghanistan reste l'un des pays au monde les plus minés.
Alors que s’e
st tenu ce 21 juillet, la Conférence internationale sur l’avenir de l’Afghanistan, co-présidée par Ban Ki-moon secrétaire général des Nations-Unies et le Président afghan, Hamid Karzai.
Cette conférence est présentée comme la dernière étape d'un processus qui a démarré avec la Conférence des pays donateurs à Londres, début 2010, et qui s'est poursuivi avec les visites des autorités afghanes à Madrid, Washington, Tokyo et la tenue le mois dernier, à Kaboul, d'une « Jirga », une assemblée populaire pour la paix.
Début juillet 2010, lors d'une réunion préparatoire, quatre thèmes centraux ont été définis comme priorités de la Conférence :
- développement économique pour créer des emplois,
- meilleure gouvernance pour améliorer la fourniture des services publics,
- renforcement de la sécurité et mise en œuvre de la décision de l'Assemblée populaire de favoriser un rapprochement avec l'opposition armée,
- développement de la coopération régionale pour renforcer les liens économiques, sociaux et culturels avec les pays limitrophes.
L'objectif de la Conférence était avant tout de présenter à la communauté internationale les actions qu'envisage le gouvernement afghan, dans les domaines qu'il estime lui-même essentiels, notamment la lutte contre la corruption, la formation de forces nationales de sécurité autonomes, les efforts de réconciliations avec l'opposition politique, la main tendue aux insurgés talibans pour les amener à déposer les armes.
Près de 70 pays donateurs et organisations internationales étaient représentés à Kaboul, et si aucune nouvelle promesse de fonds n'était attendue, à la fin de la conférence, le Fonds monétaire international (FMI) a ouvert la voie à l'octroi d'un prêt de 125 millions de dollars à l'Afghanistan, en indiquant s'être mis d'accord avec Kaboul sur les conditions de cette aide.
Au terme de la conférence, la feuille de route du chef de l'Etat afghan a été validée par ses bailleurs de fonds : début du retrait des forces internationales et transfert de la sécurité aux forces afghanes en 2014, aujourd'hui assuré par les forces internationales, financement d'un plan de réconciliation visant à réintégrer les rebelles dans la société et à affaiblir ainsi l'insurrection…, le gouvernement afghan espère mettre fin à une guerre qui a gagné du terrain et en intensité ces dernières années.
Lors de la conférence, les projets de développement ont ainsi été éclipsés par la question du retrait des troupes - à partir de juillet 2011 pour les Américains - et son corollaire, la capacité de Kaboul à gérer seul le pays.
Les efforts de l’ONU pour déminer le pays
Pour le Secrétaire général de l’ONU, « la Conférence est également l'opportunité de souligner la situation grave que vivent les civils afghans affectés par le conflit. Nous continuons de voir une augmentation des attaques aveugles, disproportionnées et délibérées par des forces anti-gouvernementales à l'encontre de civils et des représentants politiques », rappelant que le pays avait besoin de transparence pour juger les crimes perpétrés dans le passé ou aujourd'hui.
Depuis le début de l'année, les équipes de déminage de l'ONU ont nettoyé 63 champs de mines et trois anciens champs de bataille. Environ 11.000 mines anti-personnelles, 400 mines anti-char et 400.000 explosifs divers datant des conflits armés antérieurs ont également été détruits ces dernières années et d’après les estimations de l'ONU, plus de 7.000 mines anti personnelles ou explosifs similaires sont toujours disposés sur son territoire.
En 2009, 40 personnes ont été tuées ou blessées par l'explosion de l'un de ces dispositifs, un chiffre moins important toutefois que les années précédentes.
Le Centre d'action anti-mines soutenu par les Nations Unies en Afghanistan a ainsi détruit près de 112.000 différents types d'explosifs (1.727 mines antipersonnel, 135 mines antichars et plus de 110.000 différents types de restes explosifs de guerre ) dans les deux seuls premiers mois de l’année 2010 ce qui montre l’ampleur de la tâche accomplir.
En outre, 50.000 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été sensibilisés et éduqués au danger des mines.
La majorité des mines trouvées proviennent de l'ancienne Union soviétique mais certaines sont également d'origine italienne, iranienne ou britannique.
Il y a quelques semaines, le Directeur des programmes du Centre de coordination de l'action anti-mines de l'Afghanistan, Haider Reza considérait qu’avec plus avec des fonds, il serait possible d’en faire beaucoup plus : « Il ne faut que 277 dollars pour se débarrasser de chaque mine, ce n'est donc pas très cher ».
Il a ajouté qu'une superficie d'environ 600 kilomètres carrés devait encore être nettoyée de mines et de restes explosifs de guerre (REG). Avec une moyenne de 120 kilomètres traités par an, cela réclamerait donc jusqu'à six ans de travail pour un coût de 500.000 dollars.
M. Reza a aussi indiqué que les incidents impliquant des engins explosifs improvisés sont en augmentation, en particulier dans le sud et dans les provinces de Helmand et de Kandahar, où les talibans sont bien implantés. Dans les premiers mois de l'année, 74 personnes ont été tuées ou blessées par des explosions.
M. Reza a annoncé que la priorité de son bureau pour cette année est d'élargir ses opérations communautaires de déminage dans tout le pays.
«En formant
les jeunes des communautés, en offrant un petit salaire et en louant les véhicules au sein des communautés, nous injectons en fait des liquidités dans la collectivité, et c'est bien sûr une forme d'encouragement et d'incitation pour que les jeunes ne se tournent pas vers les forces d'opposition », a-t-il souligné.
Le Centre supervise également un programme de sensibilisation aux dangers des mines et un programme traditionnel d'action anti-mines mené ces 20 dernières années.
Article RH 3B Conseils
Source ONU / AFP
Photos et carte : ONU / Ministère des Affaires étrangères
Alors que s’e

Cette conférence est présentée comme la dernière étape d'un processus qui a démarré avec la Conférence des pays donateurs à Londres, début 2010, et qui s'est poursuivi avec les visites des autorités afghanes à Madrid, Washington, Tokyo et la tenue le mois dernier, à Kaboul, d'une « Jirga », une assemblée populaire pour la paix.
Début juillet 2010, lors d'une réunion préparatoire, quatre thèmes centraux ont été définis comme priorités de la Conférence :
- développement économique pour créer des emplois,
- meilleure gouvernance pour améliorer la fourniture des services publics,
- renforcement de la sécurité et mise en œuvre de la décision de l'Assemblée populaire de favoriser un rapprochement avec l'opposition armée,
- développement de la coopération régionale pour renforcer les liens économiques, sociaux et culturels avec les pays limitrophes.
L'objectif de la Conférence était avant tout de présenter à la communauté internationale les actions qu'envisage le gouvernement afghan, dans les domaines qu'il estime lui-même essentiels, notamment la lutte contre la corruption, la formation de forces nationales de sécurité autonomes, les efforts de réconciliations avec l'opposition politique, la main tendue aux insurgés talibans pour les amener à déposer les armes.
Près de 70 pays donateurs et organisations internationales étaient représentés à Kaboul, et si aucune nouvelle promesse de fonds n'était attendue, à la fin de la conférence, le Fonds monétaire international (FMI) a ouvert la voie à l'octroi d'un prêt de 125 millions de dollars à l'Afghanistan, en indiquant s'être mis d'accord avec Kaboul sur les conditions de cette aide.
Au terme de la conférence, la feuille de route du chef de l'Etat afghan a été validée par ses bailleurs de fonds : début du retrait des forces internationales et transfert de la sécurité aux forces afghanes en 2014, aujourd'hui assuré par les forces internationales, financement d'un plan de réconciliation visant à réintégrer les rebelles dans la société et à affaiblir ainsi l'insurrection…, le gouvernement afghan espère mettre fin à une guerre qui a gagné du terrain et en intensité ces dernières années.
Lors de la conférence, les projets de développement ont ainsi été éclipsés par la question du retrait des troupes - à partir de juillet 2011 pour les Américains - et son corollaire, la capacité de Kaboul à gérer seul le pays.
Les efforts de l’ONU pour déminer le pays
Pour le Secrétaire général de l’ONU, « la Conférence est également l'opportunité de souligner la situation grave que vivent les civils afghans affectés par le conflit. Nous continuons de voir une augmentation des attaques aveugles, disproportionnées et délibérées par des forces anti-gouvernementales à l'encontre de civils et des représentants politiques », rappelant que le pays avait besoin de transparence pour juger les crimes perpétrés dans le passé ou aujourd'hui.
Depuis le début de l'année, les équipes de déminage de l'ONU ont nettoyé 63 champs de mines et trois anciens champs de bataille. Environ 11.000 mines anti-personnelles, 400 mines anti-char et 400.000 explosifs divers datant des conflits armés antérieurs ont également été détruits ces dernières années et d’après les estimations de l'ONU, plus de 7.000 mines anti personnelles ou explosifs similaires sont toujours disposés sur son territoire.
En 2009, 40 personnes ont été tuées ou blessées par l'explosion de l'un de ces dispositifs, un chiffre moins important toutefois que les années précédentes.
Le Centre d'action anti-mines soutenu par les Nations Unies en Afghanistan a ainsi détruit près de 112.000 différents types d'explosifs (1.727 mines antipersonnel, 135 mines antichars et plus de 110.000 différents types de restes explosifs de guerre ) dans les deux seuls premiers mois de l’année 2010 ce qui montre l’ampleur de la tâche accomplir.
En outre, 50.000 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été sensibilisés et éduqués au danger des mines.
La majorité des mines trouvées proviennent de l'ancienne Union soviétique mais certaines sont également d'origine italienne, iranienne ou britannique.
Il y a quelques semaines, le Directeur des programmes du Centre de coordination de l'action anti-mines de l'Afghanistan, Haider Reza considérait qu’avec plus avec des fonds, il serait possible d’en faire beaucoup plus : « Il ne faut que 277 dollars pour se débarrasser de chaque mine, ce n'est donc pas très cher ».
Il a ajouté qu'une superficie d'environ 600 kilomètres carrés devait encore être nettoyée de mines et de restes explosifs de guerre (REG). Avec une moyenne de 120 kilomètres traités par an, cela réclamerait donc jusqu'à six ans de travail pour un coût de 500.000 dollars.
M. Reza a aussi indiqué que les incidents impliquant des engins explosifs improvisés sont en augmentation, en particulier dans le sud et dans les provinces de Helmand et de Kandahar, où les talibans sont bien implantés. Dans les premiers mois de l'année, 74 personnes ont été tuées ou blessées par des explosions.
M. Reza a annoncé que la priorité de son bureau pour cette année est d'élargir ses opérations communautaires de déminage dans tout le pays.
«En formant
Le Centre supervise également un programme de sensibilisation aux dangers des mines et un programme traditionnel d'action anti-mines mené ces 20 dernières années.
Article RH 3B Conseils
Source ONU / AFP
Photos et carte : ONU / Ministère des Affaires étrangères
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